Martin fait une incursion à ski en Oural pré-polaire

Gourou
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Martin fait une incursion à ski en Oural pré-polaire

Message par Gourou » 02 mai 2016, 11:13

Martin fait une incursion à ski en Oural pré-polaire (Приполярный Урал)
18 mars - 3 avril 2016
Par Michel Aimé
Une approche de la frontière géographique entre Europe et Asie.
Une tranche de Russie, de la populeuse et tentaculaire Moscou à un massif montagneux quasiment inhabité.
Toute distance se calcule en Russie à partir du point géodésique situé sur le parvis du musée national d’histoire, à deux pas de la statue équestre de Joukov et de la « place rouge » ou « belle place » (Красная площадь), à la manière dont cela se fait en France du point kilométrique zéro du parvis de Notre-Dame de Paris.
C’est donc fort symboliquement que nous rendons un petit hommage à ce lieu avant de nous rendre à la gare Iaroslavl (Ярославский вокзал), qui dessert, comme son nom l’indique, la ville de Ярославль et mène les voyageurs patients jusqu’à l’Oural, terminus Воркута, à près de 2.000 kilomètres de Moscou.
Nous nous arrêterons toutefois 250 kilomètres avant Воркута, à Инта, ville minière d’une trentaine de milliers d’habitants pour faire route jusqu’au massif.
1. На поезде
Le train est un moyen de transport essentiel en Russie.
La voie ferrée représente de fait un véritable cordon ombilical pour les habitants des régions traversées.
Marchandises, courrier et voyageurs sont ainsi acheminés chaque jour, par tous les temps, avec une régularité de Кукушка, vers et depuis Moscou, centre névralgique du pays.
Si économie et approvisionnement dépendent en partie du train, ce dernier n’en reste pas moins un étonnant lieu social, sorte de « couaroïl » ambulant.
Du fait de sa lenteur, soixante kilomètre par heure en moyenne, et de son confort, la vie à bord se déroule dans une ambiance bon enfant, la détente étant palpable, les gens prenant le temps de discuter, de plaisanter, de raconter leur vie.
Lors d’un précédent voyage en train de St Petersburg à la péninsule de Kola (Кольский полуостров), voyageant avec deux guides russes, j’avais pu participer à des discussions avec des voyageurs rejoignant leur famille ou revenant de mission à la ville.
Au gré des départs et des arrivées dans le compartiment, une mère et sa fille handicapée, un militaire, un ingénieur chimiste nous avait raconté leur quotidien, leurs préoccupations, autour d’un thé et de quelques biscuits.
Un vrai lieu d’échange, les Russes étant toujours étonnés de voir des touristes se rendre dans un endroit aussi reculé.
Le train file dans un paysage enneigé, pétrifié de glace, enjambe des rivières gelées sur lesquelles les camions passent tout l’hiver, à défaut de pont à proximité.
Tantôt à vive allure (des pointes à 90km/h !) tantôt au ralenti (avant les gares pour ne pas arriver en avance sur l’horaire !), le rythme du train berce le passager, l’engourdit avec délice.
Loin des onomatopées enfantines cendrarsiennes1, tessoniennes2 ou dunbariennes3, le cheval de fer fait entendre une sorte de galop bondissant, comme si, une fois touchée la voie avec ses roues en fonte, il restait suspendu en l’air pour une fraction de seconde avant de reprendre appui sur les rails : une allure confortable pour un cavalier.
Malgré l’étroitesse de la couchette (plus longue et plus large cependant que les couchettes européennes), le voyageur allongé se sent instantanément glisser dans un état second, proche de la léthargie, le compartiment devenant un cocon protecteur d’où l’on ne sort que pour aller tirer un peu d’eau chaude du samovar.
Chaque wagon est équipé d’un ballon d’eau chauffé au charbon, dispensant ses bienfaits à toute heure et en libre-service.
Le самовар, c’est l’âme du train russe, l’esprit de la maison, celui qui réchauffe les corps et les cœurs et fait le lien entre les voyageurs.
On croise dans le couloir les occupants des compartiments voisins en tenues décontractées, pyjamas, survêtements ou shorts, les pieds dans des pantoufles ou dans des schlaps (тапелки).
Les Russes n’étant pas frileux, on les voit même sortir dans cet accoutrement pour aller prendre l’air lors des arrêts en gare et s’acheter des boissons fraiches ou des glaces…
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A -20°C on mange des glaces, à -40°C on boit de la vodka… Нормально !
1 « le train fait broum-roum-roum » - Blaise Cendrars
2 « je penche plutôt pour un rythme à quatre temps comme dans la fameuse mesure de Roméo et Juliette de Prokofiev : Tan-taran-tatan-taran-tatan. » Sylvain Tesson - L’axe du loup
3 « tarata-taa, tarata-taa... » Géraldine Dunbar - Seule sur le transsibérien

Les forêts de bouleaux et de conifères, les congères immaculées, les rivières gelées, les isbas colorées flanquées de tas de bois et entourées de palissades sont survolées en toute confiance, en douceur, en harmonie.
Les arrêts sont précédés d’un lent ralentissement de la cadence du train et participent à l’apaisement général du voyage.
Si des dizaines d’arrêts sont effectués par jour, seuls quatre ou cinq donnent lieu à des arrêts prolongés allant de 20 minutes à une heure.
C’est l’occasion de sortir et de marcher aux abords de la gare, de faire quelques emplettes, de discuter avec les Бабушки qui propose leurs produits : грибы, пирожки, мёд, рыбы, морс, варенье, варёные картофелины...
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Toute une économie locale et de subsistance permet à ces personnes d’améliorer leur ordinaire, souvent spartiate, dans un pays où les retraites sont insuffisantes à leur assurer un niveau de vie décent.
L’occasion de déguster un poisson fumé avec une bière ou quelques рюмки водки dans le wagon.
A bord, un Проводник s’occupe de toute l’intendance du wagon dont il est responsable.
Il contrôle le billet du voyageur qui doit se présenter à lui avant de pénétrer dans le wagon, veille à la bonne installation de celui-ci, lui fournit les draps et le légendaire porte-tasse en métal, assure le nettoyage des sols, approvisionne le poêle du samovar en charbon, contrôle les entrées et sorties des voyageurs à chaque station, vérifie l’état des bogies à l’aide d’un marteau à long manche, vend des produits alimentaires et des souvenirs… un travail à plein temps !
On se souvient toujours du Проводник de son wagon, si l’on voyage plus de 24 heures puisqu’on le croise automatiquement à plusieurs reprises et tant son service est toujours attentif et agréable.
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2. Инта
Nous arrivons, après 40 heures de train sur la voie ferrée du nord (северная железная дорога), à Инта.
Инта, sa mine de charbon, son goulag, ses immeubles standardisés en briques sans aucun charme, son ambiance fleurant bon l’époque soviétique.
Un château d’eau un peu original surmonté d’une étoile rouge est la seule construction digne d’intérêt dans le secteur.
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Dans le musée de la ville, une partie consacrée aux arts vestimentaires des ethnies indigènes (Komi, Nenets…), une section nature avec explication de l’origine du charbon de la région, faune, flore et minéraux (grosse présence de quartz de toute les sortes), une section sur les traces des peuples primitifs (silex, os taillés…), une pièce sur le mode de vie nomade avec чум, technique de pêche et de chasse, vêtements en peau, skis en bois et peaux de rennes (les ancêtres de nos skis de randonnée !).
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Une dernière section traite de l’exploitation du charbon et du goulag, avec quelques monographies d’artistes ayant passé un certain temps dans ce sinistre système concentrationnaire.
Pas un mot sur le nombre de détenus, sur les conditions de vie, sur les raisons politiques de leur incarcération.
Aucune information supplémentaire n’est donnée par la guide du musée une fois interrogée.
Une étonnante amnésie, sans doute pour ne pas aborder le fait que le système des camps de travail fonctionne toujours ça et là, même si les conditions ne sont plus celles des années cinquante.
Reste la littérature russe (les tsars exilaient déjà les opposants ou les fauteurs de troubles dans des camps de travail ou bagnes, Dostoievski en fit les frais pendant 4 ans, cf. Souvenirs de la maison des morts – Soljenitsyne, Une journée d’Ivan Denissovitch ou l’Archipel du Goulag) et les études sur le sujet (parmi elles, l’ouvrage de Ms. Applebaum, Goulag, une histoire) pour en savoir plus.
3. Югыд-Ва
A la descente du train nous attend Alexey et son véhicule Трэкол à 6 roues motrices, un véhicule développé en Russie, léger (sa carrosserie est en fibre de verre) et adapté aux conditions hivernales (des pneus gonflés à 0,2 bars…).
Il nous conduit hors de la ville, puis hors des routes pour rejoindre l’Oural, à 160 kilomètres de là, dans ce qui ressemble à un désert blanc….
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Alexey est l’ancien directeur d’une mine d’or qui n’est en activité, maintenant réduite, que l’été.
Pour sa retraite, il a fait construire un gîte tout confort pour accueillir les randonneurs de la région qui s’aventurent dans le plus grand parc national d’Europe et de Russie, le Югыд-Ва, près de 19.000 km², avec pour joyaux des rivières limpides et des sommets mythiques, le Манарага et le point culminant le Народа (le pic du Peuple).
Nous sommes les premiers à venir faire du ski de randonnée dans cette partie de la Russie et Alexey nous accueille très chaleureusement.
Tous les jours, nous aurons droit à de très copieux repas, arrosés de vodka, de cognac maison (самогон), à des закуски locaux délicieux : viande de rennes congelée, котлеты et saucisses de renne, poisson fumé, au retour des randonnées ou en sortant du sauna et tous les soirs une soupe différente (грибной суп, суп лапша, щи, солянка, борщ, суп из курицы…).
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Les repas sont invariablement ponctués de тост à la santé, à la montagne, à l’amitié, à l’amour, à la Russie, à nos hôtes…
Je profite de l’occasion pour m’exercer à ce sport national où celui qui invite les autres à lever leur verre doit rivaliser d’originalité à chacun de ses discours.
Même si Alexey me répète que les gens qui apprennent le chinois sont des optimistes et le russe des pessimistes, je trouve l’exercice dynamisant et amusant. За Россию!
Nous partons en randonnée les matins le ventre calé par des œufs au plat, des блины et autre каша, sans oublier pour autant d’emporter des tartines de saucisse et de fromage…
Il faut dire que la température l’impose : à notre arrivée, il fait entre -15 et -20°C en journée, jusqu’à -30°C la nuit et quand le vent est de la partie, il ne faut pas laisser la moindre parcelle de peau à l’extérieur à peine d’être fouetté sévèrement par la bise et de se refroidir sans espoir de se réchauffer rapidement.
En revanche, au cours des derniers jours, la température remontera spectaculairement, un vent de sud-ouest humidifiant la neige au point de la faire fondre en surface.
La débâcle était en marche, ce que nous constaterons tout le long de la route du retour.
Pазговор
A plusieurs reprises au cours du séjour, le thème du régime politique russe sera abordé, les français ayant en général un regard très critique sur le système Poutine, accusé de tous les maux.
Au risque de la polémique, il me semble de toute façon inutile et vain de vouloir comparer quelque pays que ce soit avec la Russie.
Les Européens ne semblent jamais prendre la mesure ni de la géographie du pays (le plus vaste du monde et de très loin, plus de 30 fois la surface de la France), ni de son histoire (des siècles d’autoritarisme à la limite de l’esclavage, puis 70 ans de régime soviétique dur suivi d’une déliquescence complète avant une reprise en main avec le concours de l’Eglise orthodoxe, dans un pays où l’économie est tournée en grande partie vers les hydrocarbures).
Un tel pays ne peut, pour l’instant, être dirigé que par un pouvoir fort, au risque de se disloquer comme la glace des rivières au printemps.
Le chaos des années 90 n’en a été qu’une illustration flagrante, la liberté profitant surtout à la mafia, aux pilleurs et entraînant une paupérisation dramatique de la population, habituée à une prise en charge complète par l’Etat.
Si la situation n’est pas rose, elle est, à tout le moins, stabilisée, avec un réel retour de l’Etat dans le concert des Nations, ce qui soude sa population autour d’un projet commun.
Nos hôtes sont, à ce titre, parfaitement conscients de la situation.
Quand l’un de nous demandât si l’on pouvait sélectionner une chaîne de télévision française, Alexey répondit : « avec plaisir, ça m’évitera de voir Poutine toute la journée à la télé ! »
Simultanément, il déclarait : « les Russes n’ont pas besoin d’un système démocratique, nécessairement aussi démagogique ».
Quant à la question de la liberté d’expression, souvent brandie comme argument ultime, la réponse était sans appel : « Quand utilisez-vous votre liberté d’expression ? En discutant avec vos amis ? Et que s’en est-il suivi concrètement? ».
Le fatalisme russe a encore de beaux jours devant lui.
4. Урал
Oural, nom connu de tous, mais jamais approché par grand monde, à tout le moins à ces latitudes.
Limite conventionnellement admise de l’Europe que peu d’Européens ont touchée.
Aux dires de certains, il ne s’agit que d’un petit massif de moyenne montagne, ceux-ci se fiant sans doute à l’altitude des sommets alentours.
De fait, une fois atteint le sommet de l’Oural, le mont Народа, culminant à 1895 mètres, les sommets alentours ressemblent plus aux Alpes qu’au massif Armoricain…
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De la ligne de crête on embrasse donc à l’Est la Sibérie et à l’Ouest l’Europe géographique, à perte de vue…
Peu de massifs montagneux sont aussi dépouillés sur le continent : aucune trace humaine, où que le regard se porte.
La première ville est à 150 kilomètres. Les premiers villages à plusieurs jours de marche du sommet : l’Oural est vraiment une frontière.
Lagopèdes, lièvres variables, rennes sont les seuls animaux rencontrés.
Une trace de loup aperçue sur une pente sommitale achève la liste des empreintes trahissant les déambulations hivernales animales.
La vue infinie sur la toundra sibérienne accentue l’impression d’isolement.
Une sensation oubliée de la vieille Europe politique, où le terme de Nature est lui-même un peu galvaudé, quand, où que l’on se trouve, quelques heures de marche au grand maximum vous amènent à rencontrer routes, villages, antennes, lignes électriques.
Урал, последняя граница!
Tous les jours, nous traçons notre itinéraire dans la neige des combes ou sur les crêtes soufflées, apercevant tantôt quelques saules nains dont les bourgeons éclateront bientôt, tantôt des lichens que recherchent, même sur les sommets, les rennes de passage.
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La température se radoucie progressivement et les deux dernières randonnées se feront dans une neige humidifiée, presque collante.
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Le vent violent nous oblige cependant à rester couverts, même en montée. Jamais en tout cas je n’aurais mis autant de couches pour skier…
5. Вологда
Après huit jours de randonnée à ski, nous prenons le chemin du retour, traversée de la toundra et de la taïga jusque Inta, train direction Moscou, avec une étape à Вологда, à une trentaine d’heures de train.
Les températures s’étant radoucies, la fonte accélérée de la neige transforme les routes en rivières, les lacs gelés deviennent impraticables pour les véhicules.
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Les pêcheurs sur glace continuent néanmoins à déambuler à la recherche de poissons.
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Les locomotives de déneigement pourront bientôt être remisées pour quelques mois.
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Nous arrivons à Vologda, qui faillit être capitale de la Russie du temps d’Ivan le Terrible.
Située à 450 kilomètres de Moscou et 600 de St-Petersburg, cette ville de province de 300.000 habitants dispose encore de quelques attraits, un kremlin, la cathédrale Ste Sophie, de nombreuses églises à bulbes, des maisons en bois du 18ème siècle classées, un musée de la dentelle (кружево).
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A quelques kilomètres en dehors de la ville se trouve un village en bois, Semenkovo, dont les maisons protégées datant du XIXème siècle ont été déplacées pour être exposées et faire l’objet de visites didactiques.
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Le lendemain nous nous rendons à plus de 120 kilomètres au nord de la ville dans le village de КИРИЛЛОВ, où se situe, au bord d’un lac, le plus grand monastère de Russie, datant du XIVème siècle, abritant pas moins de 17 églises et une des plus belles collections d’icônes connues, le Monastère de St Cyrille du Lac Blanc.
Les icones exposées me semblent plus belles encore que celle de la galerie Tretiakov de Moscou…
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Un lieu magique, entouré de villages aux maisons de bois d’une quiétude totale.
Avec un peu d’imagination, on croirait pouvoir voir glisser des troïkas sur le lac gelé, emportant des couples d’amoureux emmitouflés sous de belles fourrures…
A une quinzaine de kilomètres de là, le monastère de Ferapontovo datant du XVème siècle abrite des fresques décorant tout l’intérieur de l’église principale.
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Nous reprenons le train pour Moscou dans la nuit.
En montant à bord du wagon, j’ai peine à en croire mes yeux : le wagon dispose d’une moquette neuve, de panneaux d’affichage digitaux indiquant la destination et la température intérieure et extérieure, de compartiments rénovés équipés d’une télévision, les lits sont faits, des accessoires (brosse à dent, sandales…) sont mis à disposition, le Проводник s’adresse à nous en anglais, les toilettes fonctionnent comme celles d’un avion…
Le matin, le Проводник nous apporte à chacun un carton repas comme ceux des compagnies aériennes…
Mais ce qui m’achevât, ce fût la disparition du samovar fonctionnant au charbon, âme du train russe, remplacé par une bête bonbonne dispensant eau chaude ou froide à la demande.
Le train du progrès est en marche, le confort standard se substituant aux spécificités locales.
Le charme du voyage en train russe me semble désormais en danger.
Heureusement, la banlieue de Moscou que nous traversons est encore parsemée de vieilles maisons en bois multicolores, leurs jardinets se pressant sous les pins sylvestres, préservant encore un peu l’illusion de la Russie éternelle.
Nous arrivons au cœur de la capitale, qui a eu le temps, en 10 jours, de se débarrasser de la neige qui la recouvrait encore à notre arrivée.
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Le temps d’avaler un chocolat au café Pouchkine et de faire le plein de vodka pour les plus accrocs à l’alcool et nous retournons à la vieille Europe et à ses problèmes de sécurité chroniques, les attentats dans l’aéroport de Bruxelles ayant visiblement rendu fébriles les agents de sécurité d’Amsterdam où je fais escale.
En Russie, les contrôles de sécurité se font logiquement à l’entrée des aéroports et non avant de monter dans l’avion comme en Europe, ce qui évite bien des déboires…
Заключение
Encore une belle découverte de cette Russie qui, par bien des aspects, reste une terre d’aventure et de rencontres étonnantes, plus proche de nous que l’on ne veut bien l’admettre.
Demandez votre chemin en Russie, les gens se mettront en quatre pour vous aider, dites que vous êtes français et l’on vous citera des auteurs classiques que les Français ne lisent plus, trinquez à l’amitié entre les peuples et l’on vous prendra dans les bras.
За золотое сердце Руссков!
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